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En Espagne, les ratés de l’immobilier font craindre une récession
19/02/2008
La machine économique de José Luis Rodriguez Zapatero, Premier ministre espagnol, s’essouffle. La faute à la dégradation du climat économique. La locomotive espagnole connaît aujourd’hui des ratés : la croissance pourrait tomber sous la barre des 2 % cette année, alors qu’elle a été en moyenne supérieure de 1,6 points à celle de la zone euro depuis 2000. Ce refroidissement risque de durer car l’ensemble du modèle de croissance ibérique, fondé en partie sur le boom immobilier, est en cause.
Après des années d’endettement à outrance, de bétonnage forcé et de flambée des prix de la pierre, le retournement est sévère. Sur les neuf premiers mois de 2007, les mises en chantier de logement ont dégringolé de 13 % et les permis de construire chutent de 19 %. La bulle immobilière qui s’était gonflée, les prix ayant triplé depuis 1996, est en train d’éclater. En moyenne en 2007, le mètre carré habitable connaît une hausse de 5,8 %, après un bond de 10,4 % en 2006 et de 16,8 % en 2005. Début 2008, les prix sont clairement orientés à la baisse. Conséquences : selon l’API, une association nationale d’agents immobiliers, la moitié des agences immobilières ont dû mettre la clé sous la porte l’an passé. Or la crise bancaire actuelle risque d’amplifier ce revirement : le durcissement des conditions de crédit va frapper de plein fouet des ménages déjà surendettés.
Au niveau macro-économique, ce retour de bâton sera à la hauteur de ce que la pierre a apporté à l’Espagne au cours des dernières années. On estime ainsi que l’immobilier a ajouté un point de croissance en plus chaque année depuis 2003 et que le secteur est responsable de quasiment la moitié des créations d’emplois. Le nouveau gouvernement issu des législatives du 8 mars devra donc utiliser les excédents budgétaires pour éviter la récession. Contrairement à la France, les caisses de l’Etat espagnol sont pleines.
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