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Kindle ou comment faire tenir une bibliothèque dans sa poche
22/02/2008
Le jour de son lancement sur le marché américain, le 19 novembre 2007, le Kindle, nouveau « livre électronique » de la société Amazon, a été épuisé en cinq heures et demie. « Nous avions totalement sous-estimé l'intérêt du public pour ce produit », reconnaît Ian Freed, vice-président d'Amazon chargé du Kindle.
Avec un chiffre d'affaires pour 2007 de 14,8 milliards de dollars, des bénéfices de 476 millions et six filiales prospères sur trois continents, Amazon a les moyens d'investir à long terme sur son nouveau bijou technologique.
A lui seul, le nom de l'appareil révèle l'ambition de ses concepteurs : en anglais, kindle signifie « allumer ou attiser un feu ». Les dirigeants d'Amazon semblent ainsi annoncer qu'ils vont mettre le feu au secteur de l'édition et de la presse.
Sur ce marché, qui a stagné pendant une décennie, aujourd'hui Amazon fait le pari que les consommateurs ont envie de transporter dans leur poche ou leur sac toute une bibliothèque, de la même façon qu'ils transportent partout des milliers de chansons dans leurs lecteurs MP3.
Surtout, le Kindle est un objet « communiquant ». Grâce à un émetteur-récepteur intégré, il est connecté en permanence au site Amazon Kindle Books, pour pouvoir télécharger des textes n'importe où et n'importe quand. D'un clic, le client consulte le catalogue, puis télécharge l'ouvrage de son choix.
Amazon propose près de cent mille livres numériques en tous genres. Les prix varient de 80 centimes pour une pièce de théâtre à quelques dollars pour des classiques de la littérature et jusqu’à 10 dollars pour un récent best-seller.
Jeff Bezos, 44 ans, fondateur et patron d'Amazon, cultive son image de visionnaire sans fausse modestie : « Un jour, nous posséderons la totalité des livres qui ont été imprimés, dans toutes les langues, y compris les livres épuisés. »
Le Kindle va peut-être aussi devenir un kiosque à journaux puisque son système de connexion permanente se prête parfaitement à la distribution de la presse écrite. Une équipe de commerciaux a déjà signé des accords avec neuf journaux américains (dont le New York Times, leWall Street Journal et le Washington Post) et quatre européens : l'Irish Times, la Frankfurter Allgemeine, Les Echos et Le Monde.
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