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Commandes record pour le BTP français qui s’expatrie avec succès
25/02/2008
Vinci, n°1 mondial du BTP et des concessions, a publié au début du mois un chiffre d'affaires annuel 2007 en hausse de 18,6 % à 30,4 milliards d'euros. Chez Bouygues, n°2 mondial, il a crû de 12 % à 29,6 milliards d'euros, dont près du tiers provient de l'activité construction. Eiffage, le 7ème acteur européen annonce une croissance de 17,2 % à 12,6 milliards d'euros. Tous affichent des carnets de commandes offrant au moins dix mois de visibilité. Plus que jamais, leur activité est dopée par les grands chantiers.
En France, compte tenu du maillage et de la qualité du réseau routier, le nombre de grands chantiers d'autoroute est désormais limité ou en attente (A 150, A 831, A 335). D'autant que le « Grenelle de l'environnement » a imposé un virage vers les transports ferroviaires. Parmi les plus emblématiques, la ligne Sud Europe Atlantique dont l'appel d'offres a été lancé mi-février. Les groupements menés par Bouygues, Vinci et Eiffage ont été sélectionnés pour construire la ligne entre Tours et Bordeaux. Première ligne à grande vitesse concédée par Réseau ferré de France à un consortium privé, le chantier est estimé à 6 milliards d'euros.
Autres projets : la remise aux normes d'une centaine de centrales d'épuration de l'eau. « Ce sera un marché très porteur », prédit Jean Guenard, patron d'Eiffage Travaux publics. Les chantiers routiers devraient aussi être légion en Europe du Sud et de l'Est. Des pays en forte croissance (Pologne, Slovaquie, Russie) accusent un sérieux retard en matière d'infrastructures. Le périphérique à péage de Saint-Pétersbourg attise ainsi les convoitises. « Nous vivons depuis trois ans environ une période euphorique en termes de besoins d'infrastructures », constate Christian Gazaignes, directeur de Bouygues Travaux Publics, dont le groupe a enregistré une prise de commandes record en 2007.
Le décollage économique de la Chine et l'enrichissement des pays producteurs de matières premières créent d'importantes capacités de financement. L'île de Trinidad, premier fournisseur de gaz des États-Unis, engagera bientôt la construction de son métro.
L'Afrique du Sud s'apprête à lancer la construction de réacteurs nucléaires, « potentiel important de développement pour les groupes de BTP », note Bruno Dupety, directeur général adjoint de Vinci Construction. Le groupe a racheté en 2007 Nukem, entreprise de démantèlement de centrales nucléaires et le consortium mené par Vinci (avec Bouygues) a remporté le chantier du futur sarcophage de Tchernobyl.
Les géants du BTP devraient aussi profiter de l'essor des ports qui bénéficient de la croissance du trafic de conteneurs. Un groupement français composé de Bouygues, Alstom et Vinci a été présélectionné pour le contrat à 3,5 milliards d'euros d'élargissement du canal de Panama.
Mais ces « contrats du siècle », jugés risqués par les banques, pourraient connaître des turbulences à cause de la crise du subprime. Fin décembre, les dirigeants de Bouygues Travaux publics ont eu des sueurs froides lors du bouclage du plan de financement du port de Busan, en Corée du Sud. Quatre banques ont finalement été mobilisées, au lieu d'une.
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