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Stock-options : les entreprises français copient les manières anglo-saxonnes
28/02/2008
Les firmes françaises suivent le mouvement en matière de stock-options. L’étude 2007 du cabinet de conseil Hewitt Associates révèle ainsi que les grandes entreprises hexagonales dotées de mécanismes de rémunération complémentaire adoptent de plus en plus les standards anglo-saxons. En l’occurrence, celles-ci diversifient leur « package » : outre les traditionnelles stock-options, elles y ajoutent des actions gratuites. En 2007, la proportion des entreprises qui mixent les produits stock-options et actions gratuites est passée de 27 à 48 %.
Jean Lambrechts, directeur du pôle Rémunération des Dirigeants, veut y voir « une adaptation inévitable. C’est du mimétisme classique. Il y a quelques années, tout le monde jurait par les stock-options, alors les Français s’y sont mis. Et puis, maintenant, des instruments de fonds propres plus sophistiqués ont émergé, depuis les multinationales s’efforcent de s’adapter… »
Jusque là, en effet, les sociétés validaient en AG des résolutions d’attribution d’actions gratuites, mais répugnaient ensuite à les distribuer effectivement compte tenu des contraintes temporelles imposées (temps de possession et temps de conservation). La loi fin 2006, qui a permis de faire sauter le verrou des 2 ans de conservation obligatoires, a accéléré le processus.
Autre enseignement majeur : plus l’on grimpe dans la hiérarchie, plus l’on a recours aux stocks. Ces dernières semblent plus appropriées aux dirigeants, dont la performance peut se répercuter directement sur les résultats du groupe et donc sur son cours de bourse. Ainsi, d’après Hewitt, pour récompenser les membres des « ComEx », les comités exécutifs, les stock-options sont plébiscitées à 87 % tandis que les actions gratuites ne sont approuvées que dans 55 % des cas. Pour les mandataires sociaux, même logique, quoique encore plus marquée : leur enveloppe est composée à 80 % de stock et à 20 % d’actions gratuites.
Curieusement, sur ce point, les pratiques françaises semblent encore à rebours des américaines, où les « stock » ne pèsent plus que la moitié des instruments de fonds propres (terme donné aux mécanismes incitatifs). « En France, note Jean Lambrechts, on considère encore que les stock stimulent forcément le rendement de leurs bénéficiaires. Et qu’il n’est pas forcément très moral d’accorder des actions gratuites sans contrepartie, sachant pourtant que lesdites actions gratuites ne sont jamais que des stock-options dont la levée ne serait pas payante ».
En attendant, près de 3 patrons sur 4 du CAC ont gagné 40 % de plus en 2007 qu’en 2006, grâce essentiellement à leurs bonus. Leur moyenne flirte ainsi avec les 6 millions d’euros par an. Ce qui constitue un record en Europe d’après le Hay Group.
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