Un an après son élection, Barack Obama déçoit
Barack Obama n’est pas un saint. Ni un faiseur de miracles. Un an, jour pour jour, après son arrivée à la Maison-Blanche, le 20 janvier 2009, le premier président noir des Etats-Unis n’a perdu ni de son allure souriante, ni de son charisme politique. Mais les Américains, et avec eux le monde entier, qui s’étaient enivrés de sa victoire et rêvaient de transformations radicales inspirées par son slogan « Yes, we can » en sont pour leur frais. Obama ne peut pas tout. Ses prêches ne suffisent pas à changer le monde.
Certes, il est entouré d’une équipe loyale et compétente. Certes, il a limité les effets dramatiques de la crise économique, s’apprête à faire voter une réforme du système de santé, taxé les bonus des banquiers, décidé la fermeture progressive du camp de Guantanmo. Mais il est limité par un Congrès qui a rogné l’impact de sa réforme de santé et l’a empêché d’être plus actif lors du sommet mondial de Copenhague sur le climat. Ses marges de manÅ“uvres économiques ont été réduites à néant, ou presque, par la plus grave crise que les Etats-Unis aient connu depuis la Grande dépression des années 30.
Et sur le plan international, ses déclarations de bonnes intentions – qui lui ont valu le prix Nobel de la paix de manière prématurée !- n’ont, pour le moment, pas résisté aux dures réalités. Il n’a guère avancé sur les chantiers ouverts dès son accession : ni sur l’Iran qui continue de provoquer la communauté internationale avec la poursuite de son programme nucléaire ; ni sur la paix entre Israël et les Palestiniens, le gouvernement de Netanhayou ayant poursuivi la colonisation des terres cis-jordaniennes ; ni sur l’Afghanistan où son « plan de retrait », concocté depuis des mois, s’est transformé en plan de renforcement des troupes américaines sur place, avec une situation politique de plus en plus fragile à cause des offensives des talibans et du fiasco de l’élection présidentielle. Pire : après la tentative d’attentat du vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre, Obama a du reconnaître les erreurs de son administration, incapable de détecter les terroristes en train de prendre l’avion, alors que les alertes avaient été nombreuses. Comme George Bush après les attentats du 11 septembre 2001, il doit faire avec une bureaucratie lourde et des services de renseignements mal coordonnés.
Même l’opération de secours déployée rapidement en Haïti est jugée suspecte par certains pays, dont la France, qui y voient une mainmise américaine dans son pré carré des Caraïbes.
Et l’avenir, comme le remarque cette semaine The Economist,risque d’être de plus en plus rude. Le chômage continue de grimper. La cote de popularité du président est en baisse et - en dépit de petits succès domestiques et d’un bon sens tactique - il peut très bien perdre sa majorité au Sénat aux élections législatives de mi-mandat en novembre prochain. En plus des fronts déjà ouverts en Irak et en Afghanistan, une autre guerre au terrorisme a été lancée au Yemen. Et Obama a décidé de mettre sur liste noire les passagers venant de la plupart des pays arabes, ce qui ne va pas améliorer son image auprès des opinions de ces pays. Son discours du Caire sur l’ouverture et le dialogue au monde musulman paraît déjà bien loin. L’Obamania s’est dissipée.











Leave your response!